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Lèse-Art Re-Mue

RE-MUE revue littéraire des lézards en mutation permanente.

Chaque mois, RE-MUE donne la parole à un nouvel invité

  N °15
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Quels sont tes projets actuels ?
 

Pour  l’instant, je suis dans une période de latence. Je lis beaucoup. Je viens de faire un stage de deux semaines de direction d’acteurs, selon la méthode Stanislavski, qui a beaucoup inspiré l’Actor’s Studio aux Etats-Unis. Stanislavski s’est rendu aux USA avec sa troupe puis ils sont revenus en Russie et ont continué à travailler, à évoluer. Du coup, il y a deux « méthodes Stanislavski », deux techniques qui peuvent sembler contradictoires mais qui ne le sont pas réellement. Dans le stage, nous avons travaillé une semaine la méthode américaine et la deuxième semaine la méthode russe. Dans le stage, on a beaucoup travaillé les intentions des personnages

(qui sont aussi les intentions des comédiens). C’est très utile pour l’écriture elle-même, notamment pour l’écriture du court-métrage que je suis en train de préparer  avec une comédienne, Audrey D’Hulstère, sur le thème de la lumière dans l’obscurité, l’espoir dans le noir. On essaie de comprendre les réactions de chaque personnage, pourquoi il agit de telle ou telle façon, ce qu’il attend des autres personnages, quelles sont les peurs profondes et les désirs  qui le motivent. La plupart des actions et réactions des gens lorsqu’ils entrent en conflit ont leur source dans les peurs profondes.

Je suppose que l’interprétation dépend aussi du vécu de chaque comédien, de son ressenti par rapport aux situations qui se présentent… et puis cela doit être gratifiant pour les comédiens de participer au processus de création…

 

 Certainement. Avec des comédiens différents, on obtient à chaque fois une pièce différente. Les personnages, même s’ils ont une vie à part entière, sont sans chair. C’est aux comédiens à leur donner de la chair, des sensations, des sentiments. Comme je le disais, rechercher les peurs profondes derrière les conflits entre les personnages.

obligé de se mettre dans la peau de chaque personnage, on finit par comprendre les motivations de tout le monde. Je pense notamment au personnage de Stanley dans « Un tramway nommé désir », qu’on pourrait qualifier de violeur mais qui est un personnage d’une grande complexité et pas une grosse brute sanguinaire. Cette façon d’appréhender les choses va aussi m’aider dans l’écriture, puisque cela apporte un éclairage différent sur la façon de donner vie aux personnages.
 J’ai aussi un autre projet, toujours sur un texte de Dostoïevski, « Les Carnets du sous-sol ». Le personnage m’est apparu comme le négatif de celui du « Rêve d’un homme ridicule ». Celui-ci commence par la phrase : « Je suis un homme ridicule (...) Mais maintenant, je les aime tous…», tandis que l’autre entonne : « Je suis un homme mauvais, je suis un homme méchant ». J’aimerais travailler les deux textes en parallèle, comme un diptyque. L’acteur, cette fois, serait un homme, alors que c’était une actrice (ma sœur Naïma) qui était l’interprète du « Rêve ».  J’ai justement rencontré un comédien qui est passionné par ce texte et qui aimerait le jouer, texte de cœur pour lui aussi, car il s’agit du rôle qu’il a présenté en dernière année pour son travail de fin d’études. Nous sommes en train de discuter d’une possible collaboration actuellement.
J’aimerais aussi travailler en concomitance avec un auteur, la pièce se construirait sur place, il écrirait et simultanément, je construirais le spectacle.  Ce à quoi je tiens aussi, c’est continuer à travailler avec ma sœur Naïma, qui est une comédienne hors-pair. Elle est en passe de devenir mon actrice-fétiche (rires).
D’autre part, alors que jusqu’ici, j’ai travaillé dans l’ombre, maintenant j’ai envie de me montrer enfin à la lumière. Depuis cinq ans, je fais une recherche personnelle sur la voix, je lis à ce sujet, je prends des cours de chants. J’ai l’intention de concrétiser un projet musical avec Ludovic. Ludovic et moi avons déjà écrit et composé ensemble une dizaine de chansons, nous avons déjà effectué quelques concerts pour notre cercle d’amis et de proches, mais encore rien de vraiment concrétisé :  jusqu’à présent, ce projet toujours passé après les autres.
Scéniquement, je commencerais éventuellement un projet de reprise de chansons, d’abord celles des autres parce que c’est plus facile de chanter les chansons des autres je trouve. Je me sens  beaucoup plus libre pour interpréter et me plonger dans l’univers des paroles quand   je n’ai pas la « pression de l’écriture ». Mais un jour prochain, je me lancerai sans doute pour chanter mes propres chansons… 

 

 

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