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Lèse-Art Re-Mue

Le doigt dans l'encre-nage

  N °10

 

 

 

 

Patrick Fraselle

Extrait du recueil de poésie
« La fourmi, recueil végétal »

Les tulipes perroquet

 

Amies étales
Ambiguës
Végétal animal
Animal végétal
Mêlé, mêlées
Rougies, déchiquetées,
frangées, cossues,
charnues, charnelles,
Opuleuses pulpes, dix
se rangeant aux rouges
Orangées; soufre, or
Orangeantes, rangées par lignes
Courbées, courbes, rondes, dressées
Anguleuses
Cidre, acidulées
Terrestres, d’ailleurs
Volcaniques
orangettes
d’ici
Alignées, vert perroquet, feu
Flammes
Douces, mordantes, pourprées...

 

Karl

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cinquième

 Linceul
En simple saison
 
Sèche rouge
L’orgue
 
Célèbre impuissante
 
La prose ou
Cherche la pluie
 
Dans le gosier des clenches


 
                                                                     Gaël Pietquin, 15 mai 2010

 

 

Illustration de Ronan Le berre

 

 

                                                                              

Insultes
Pardon
« je te hais puis je t’aime »
Virgule
Passons
Outre ces anathèmes
Un pull
Boutons
Qui se défont quand même

Fistule
Etrange respiration
Coulée dans la semelle
Circule
De toutes ces confusions
+ négativement blême

Poison
Tant la pulpe du ciel
Fait de la pluie son culte
Pêle-mêle
Sans nom
Qui puisse en majuscule
Lui redonner des ailes

(voler ?
fantasme ridicule)

Jouez à reculons
Poème
Beaucoup trop long poème
Dans mon corps de calculs
Ça saigne

(pleurer ?
une contre-création)

Empyème
Un amas de tensions
Que mes bonbons acidulés
Bousculent
Bohêmes

Ecran plat des lésions
3/4 ou 16/9
En spectateur d’illusions
De moi le nouveau bulbe
Se peigne
A l’article de la vie
S’articule

                                                                                    Singulière ligne d’une autre maison…

 

Gaël Pietquin (du recueil : « L’encre des libertés » in « A contre corps »).

 

 

               

 

 

 

 

 

 

 

 

L’AUBE.

Car la nuit, c’est la peur à peine déguisée.

L’insatiable mouchoir absorbe les pensées
Qui passent sous son aile ensanglantée.

L’oiseau nocturne a scellé ses paupières,
Caché sa tête sous le manteau.
Il nie ce que lui dit son cœur.

Une femme s’éveille à demi
Et cherche de la main son complément absent.
Ses rêves désormais sont baignés de détresse
Car tout sommeil est un naufrage solitaire.

Des étoiles sont assiégées
Par un noctambule insomniaque
Aux mains préhensiles à l’extrême.

Le chagrin se tapit sous le pas de la porte
Tuerait de son poids la première venue
Si elle ne portait, sous la peau de sa blouse,
L’antidote de sa cruauté.

Maîtresse d’elle-même,
Dans son insoumission,
Elle a des seins de pierre.

Le feu froid de ses yeux
Méduse ses amants.

 

La première venue
Nue
Fontaine de tourments.

                                                                                                            Jo Hubert

Collage Robert Varlez

 

 

 

 

 

 

SUR LE QUAI DU TEMPS.

 

Sur le quai du temps
je me regarde passer
le nez à la portière
Je traverse le temps
dans ce fichu train,
déchirure éphémère
d'un paysage immobile
qui s'étire et se replie.
Sur le quai du temps
je me regarde passer
sans joie et sans remord
le nez sur l'horloge
de mon prochain passage.
Sur le quai du temps
j'ai planté mes valises
et mes jambes à mon cou
je cours la gare buissonnière.
 
 


Loran   (Laurent Chaineux).