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Lèse-Art Re-Mue

RE-MUE revue littéraire des lézards en mutation permanente.

Chaque mois, RE-MUE donne la parole à un nouvel invité

  N °14
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Qui est vraiment notre invité : Boris Eloi Dutilleul ?

Les lecteurs de ReMue ont tous entendu parler de Boris Eloi Dutilleul, le personnage mystérieux qui, dans l’ombre,  fait fonctionner les rouages du site Lèse-Art /ReMue, l’initiateur du Collectif.
Pour répondre aux attentes de nos lecteurs, ce grand timide a bien  voulu se soumettre au feu des questions de ses collaborateurs.

 

Lèse-Art Re-Mue   Kriffy, Krunchy, le Lézard… plusieurs Boris pour le prix d’un ou plusieurs avatars pour le même homme ?
a  
Le caméléon  de la grande famille des lézards. C’est un animal fascinant, il a les yeux qui s'orientent dans presque toutes les directions et bougent indépendamment l’un de l'autre. Il a cette faculté remarquable à s’adapter et se fondre à son environnement.
Lèse-Art Re-Mue  
Le Collectif, la galerie en ligne, Lèse-Art est aussi le géniteur de ReMue. Mais Lèse-Art, c’est quoi, exactement ?  D’où vient l’idée ?  D’où vient le nom ? Quelle est l’histoire du lézard ?
a  
Comme je l’ai déjà dit, j'ai eu et vu beaucoup de maitres, d'écrivains, des poètes, des peinturlureurs, et beaucoup de schizophrènes, et d'artistes maudits. J'ai découvert Jacques Izoard au Cirque Divers en 1985, lors d'une présentation et lecture de textes de mon ami et pendant, Denys-Louis Colaux. Qui depuis a fait son chemin, mais cela est une autre histoire : il y a des sceaux que l'on ne brise pas, même sous la torture.
En ce qui concerne Izoard, la fascination était la même à chacune de nos rencontres, il nous parlait des petites choses du quotidien, une boîte d'allumettes, un caillou, ou encore les pavés de porphyre de la rue Saint-Michel. Et c'est ainsi que Jacques, sans le vouloir, m'a appris à regarder l'essentiel, ce qui se cache derrière les choses directement visibles. À mettre sur le côté son ego d'artiste. Nous qui étions à l'époque complètement anarchistes et répulsifs de toutes les instances institutionnelles, de par sa simplicité il a réussi à nous réunir tous à la biennale internationale de poésie de Liège pour l'organisation d'une exposition collective. De là est né le collectif Lèse-Art.
Lèse-Art Re-Mue   Q ue penses-tu de l’enseignement de l’art en général et plus particulièrement dans notre pays ? Que penses-tu des académies, des musées « officiels », du marché de l’art ?
a  
Je suis un autodidacte. Un autodidacte, d'un point de vue institutionnel, c'est le cancre, le dilettante. C'est surtout celui qui réfute un héritage. Enfin, c'est un intrus, un étranger. Cela n'est pas faux mais je ne suis pas bien convaincu que cette « vérité»  profite à ceux qui la professent. L'autodidacte que je suis  débarque, pauvre de tout, rigoureusement libre de toute espèce d’écolage. Ma relation à la peinture est passionnelle ! Dans mon parcours artistique, rarement l'académisme ( c'est un délice ! ) n’a été pareillement bafoué. Je ne sais rien et rayonne

dans ma grande indigence. Je ne suis pas investi de cette noble mission qui consisterait à accroître les spectres de l'art. Je veux peindre, un point c’est tout. Ce n'est pas la peinture qui m’adopte, je ne manifeste aucune déférence à l’endroit de « la grande famille », je nais, spontanément.  Je ne veux pas nier que, de la sculpture à la peinture et de la peinture à l'autre peinture, on ne puisse parler d'évolution. Je n'utiliserai toutefois ce mot d'évolution qu'après l'avoir franchement guillemeté. Oui, elle a changé, la peinture, elle  a grandi naturellement de la même façon que l’homme a changé mais l'artiste ne s'est pas corrigé ! C ’est la pratique et la volonté de peintre qui ont, ensemble amenuisé l'effet de certaines contraventions à l'académisme.

Lèse-Art Re-Mue  
Boris Eloi, c’est aussi un artiste, un peintre d’une grande productivité. Parle-nous de tes différentes « périodes ». Quels ont été les éléments déterminants dans tes choix, quels sont les peintres que tu as admirés et qui ont eu une influence sur ta peinture ? Pourquoi des périodes « sans » ?  (site & vidéo : commentaires ?)
a  
    On a dit de moi que je suis « une  espèce de muet qui découvre la parole dans la pratique de son art » (comme un grand nombre de muets, je peut tomber dans la loquacité à l'image de ces hommes qui pleurent longuement en aparté) .  L'homme et son tableaux finissent par se ressembler. Au travers de l'évolution de ma peinture, cette constante est préservée ; l'expression artistique  est vitale ou, si l'on veut, inévitable. Ma passion, plutôt que d'être raisonnée ou débattue,  plonge sans transition ni filet dans l'émotion. Je ne suis jamais parvenu à distinguer la frontière qui sépare la  disposition de l’acte. Lorsque l'on a dit ceci, et si on veut s'épargner toute disgrâce, il faut regarder la peinture et n'en rien écrire. Je ne suis pas un théoricien et moins encore le théoricien de ma propre pratique artistique, j’ai d’autre choses à faire.
Lèse-Art Re-Mue   Quels sont tes rapports avec le mouvement surréaliste belge ?
a  
Style, genre, surréalisme, abstrait, naïf, brut. Des mots qui localisent à la manière d'un GPS, l'orientation d'un artiste, comme une approche à classifier l'art. De la nécessité de savoir de quoi l'artiste parle, a-t-on besoin de cela pour savoir de quoi la peinture est  faite, ce que l'on lit ou ressent à l'approche d'un tableau . Je ne mets pas le ressenti en boîte, je n'intellectualise pas ces différentes expressions artistiques. Je suis autant rétif à la technique qu'à la volonté de vouloir compartimenter l'art, non tant par volonté que par nature.
Le senti et l'émotion prévalent sur la méthode. L'acte repose sur un rapport sensuel avec les choses. La conscience de créer est associée à la nécessité vitale de créer. Ce mariage exclut qu'on se conforme à une loi ou à quelque décret que ce soit. Que les gens apprennent que la peinture ne s'adresse pas qu'aux yeux, qu’elle ne s'accroche pas seulement aux murs. Le poète et peintre Edward Estlin Cummings était singulièrement lumineux sur ce sujet : « À mon avis, la poésie comme tous les autres arts fut et est et toujours sera strictement et distinctement une question d'individualités... Il faut que vous sortiez de l'univers mesurable du faire et que vous entriez dans la maison immesurable de l’être ».
Lèse-Art Re-Mue   Pourquoi t’arrive-t-il, de manière récurrente, de proclamer : « Je hais les artistes » ?
a  
La perception de l'être humain, passionné, cupide, misérable,  ce sentiment est ressenti d’une manière démesurément exaltée chez l'artiste. En passionné que je suis, je leur voue une véritable haine sacrée. Mais je ne mentirais pas davantage, en prétendant que je les adore. Il y a une espèce de dignité, voire de salubrité, dans le fait de parfois détester ce dont on ne peut en aucune façon se passer.
Lèse-Art Re-Mue   Qui sont les artistes qui font partie de la galerie en ligne Lèse-Art ?
a  
Ce sont en général des artistes que j’ai découvert ou que d’autres personnes m’ont présentés et pour le travail desquels, j’ai éprouvé un coup de cœur. Dans ma grande naïveté, j’avais espéré que la galerie virtuelle permettrait des interactions entre les artistes qui y sont présentés. J’avais même entrevu la possibilité de collaboration entre certains d’entre eux, voire la possibilité d’une expo collective.
D’ailleurs, il était question du Collectif Lèse-Art.
Aujourd’hui malgré l’explosion du compteur du nombre de visites et donc la preuve que chaque site est individuellement utilisé, rien n’a changé,  la vision de tout un chacun reste unilatérale.  Une vision du monde en autoclave, en quelque sorte. Un site qui ne bouge pas est voué à la mort. On parle du désintérêt pour l’art en général, mais ici qu’en est- t-il des artistes eux- mêmes face aux productions de leurs confrères.  Cet échec  constitue une grande déception pour moi. Reste-t-il un espoir  que cela puisse encore changer ?
Lèse-Art Re-Mue  
    Si j’étais un(e) artiste jeune ou moins  jeune et que je demande à figurer dans la galerie Lèse-Art, que me répondrais-tu ?
a  
    Lèse-Art  vous offre gracieusement un site permanent de présentation de vos œuvres.
    Celui-ci ne comporte aucune publicité parasite, d’aucune forme. Le nombre d’œuvres présentées est illimité, et leur mise à jour se fait sur simple demande (service rare, voire inexistant sur la toile à l’heure actuelle). Il suffit donc de me proposer des photos de votre travail et vous saurez très rapidement si vous êtres sélectionné(e).